L’Hermetisme : Une gnose qui s’adresse aux hommes de l’antiquité

Pour écrire cette planche je me suis fondé principalement sur le Corpus Hermeticum. Ces textes s’avèrent complexes. La première impression et celle d’un discours incompréhensible et il faut vraiment beaucoup de courage pour ordonner les idées et tenter l’analyse des textes. Cette incohérence apparente résulte de plusieurs facteurs : l’origine antique de ces livres, l’absence de rigueur dans la présentation, les contradictions apparentes des points de vue exprimés, l’absence d’un fil conducteur.

Le contexte antique.

Historiquement ce traité a été mentionné la première fois au XI è siècle par un certain Michel Psellus. Mais des parties du manuscrit avaient déjà été citées par l’alchimiste Zozime de Panopolis au début du IIIième siècle. Les chercheurs s’accordent pour dater ces textes de la fin du premier siècle à la fin du IIIième siècle époque où l’influence Grecque a été déterminante en Egypte. Les historiens estiment que les textes ont été écrits à Alexandrie, colonie Grecque fondée à la suite des conquêtes d’Alexandre le grand. Les textes du corpus sont donc des textes grecs influencés par la religion Egyptienne sans toutefois que l’on puisse distinguer clairement ce qui se rapportait à l’une ou l’autre tradition. Les textes s’adressent à des hommes de cette époque dont les références et les modèles culturels étaient très éloignés des nôtres.

Une présentation sous forme de dialogues.

Chaque texte du corpus ne se présente pas comme un exposé rigoureux mais comme des dialogues de maître à élève. Le but n’était pas de construire un schéma intellectuel logique mais de placer le disciple dans une certaine disposition mentale en vue de provoquer son évolution spirituelle.

Des points de vue apparemment contradictoires

De plus, l’hermétisme rassemble des approches pouvant paraître contradictoires. Selon mon opinion, cette apparence ne fait que traduire, soit des points de vue complémentaires, soit une gradation dans l’enseignement selon le degré d’évolution du disciple.

Une absence de fil d’Ariane

Enfin, je n’ai pas trouvé un vrai fil conducteur empreint d’ésotérisme. Le Kybalion, livre connu, explicite des lois ésotériques : du rythme, de l’analogie, de la dualité… sans présenter un vrai exposé doctrinal.

Sous toutes ses réserves, l’étude prudente des textes reste possible. A mon sens, l’hermétisme se présente comme une synthèse des pensées grecque et Egyptienne. Il relève de l’initiation royale mais inspirée et vivifié par l’initiation sacerdotale Egyptienne qui en constitue son fondement spirituel.

Cette démarche fusionnelle a été possible car l’Egypte est une des sources de la pensée grec. En effet, les grands philosophes de la Grèce antiques comme Pythagore ou Platon ont séjourné en Egypte et ont été probablement en contact avec la classe sacerdotale Egyptienne.

La personnalité d’Hermes Trimégiste illustre bien cette synthèse. Elle repose sur l’équivalence métaphysique entre le dieu grec Hermes et le dieu égyptien Thot. Cette équivalence a permis le rapprochement de ces 2 divinités. En effet, la principale fonction d’Hermes et de Thot, celle de médiateur, était identique : faire le lien entre le divin et les hommes.

C’est ainsi que l’Hermes grec a été qualifié « de grand, très grand, très grand » vocable d’origine Egyptienne se rapportant à Thot avant de devenir Trimegiste à l’époque romaine.

L’hermétisme supposait une approche graduelle. Il était impossible de passer de la perception profane du monde à une vision totalement sacrée d’un seul coup. Dans un premier temps, le débutant devait étudier des notions élémentaires. Cette première approche constituait « les généralités »