L’Hermetisme : Les généralités

Ces « généralités » posaient un cadre doctrinal que le disciple devait acquérir en préalable à l’approche gnostique des réalités premières. Mais quel était le contenu de cette préparation ? Mystère…Les textes ne le disent pas ! Cependant le livre du Corpus Hermeticum intitulé « la Clé » en donne un condensé intéressant.

Cette propédeutique restait dans le cadre de la raison. Le mot grec utilisé est « épisthêmé » ce qui est traduit généralement par science. Comme le souligne TAT, cette première approche préparatoire ne révélait pas l’essentiel (Livre XIII) « …dans ton discours général, Père, tu t’es exprimé comme par énigmes et de façon voilée en parlant de la nature divine »

Dans la démarche maçonnique cette première phase initiatique se rapproche de celle de l’apprenti éclairé faiblement par la lumière de la lune donc, dans le sens le plus ancien de ce symbole, de la raison qui ne peut que réfléchir l’ardente lumière de l’astre du jour. En utilisant que sa raison, l’initié ne pourra jamais atteindre l’intuition métaphysique, ce plein soleil qui règne sur la colonne du midi.
La vérité absolue : l’unité du monde et du plan divin
La vérité ultime selon l’hermétisme se fonde sur un principe suprême qui est la totalité de l’être et du non être. Il est tout au-delà des dualités. Il contient tout. Rien ne saurait lui échapper. Le « nombre » 0, l’Ourobouros, se pose comme l’expression dernière de cette vérité car le non-Etre contient l’Etre.

Ce Dieu souverain absolu est décrit ainsi (CH XIII 15) : » Que toute nature du cosmos écoute ce Chant de louange ! Ouvre-toi, ô terre ! Que les eaux du ciel ouvrent leurs sources à l’écoute de ma voix ! Restez immobiles, vous les arbres ! Car je veux chanter et louer le Seigneur de la Création, le Tout l’Unique ! »
Et dans le livre XII il est écrit « …dans l’univers il n’y a rien qui ne soit dieu »

Cette réalité figurée dans nos loges par la lumière éternelle placée au centre du naos. Mais cette conception unitaire échappera toujours à la raison, c’est un au-delà, elle correspond au Tao qu’on ne peut définir et c’est pourquoi une vérité relative est proposée.

La vérité relative : le divin et la matière, entre les deux, l’homme.

La vérité relative propose un univers triple : le monde divin hermaphrodite, l’essence et la substance.
CH VIII « Rien ne se perd » « le premier des êtres est l’éternel…le second est fait à son image, c’est le monde qu’il conserve et qu’il nourrit… le troisième est l’homme… ».
Le divin hermaphrodite « précède » la dualité
Pour que la manifestation puisse se déployer le principe va se polariser en un côté mâle, l’essence et un côté féminin, la substance. C’est un autre aspect du « nombre » 0 représenté par le symbole oriental du Taï-Ki. C H livre 1 « Dieu, l’Esprit, en lui-même masculin et féminin, source de la lumière et de la vie… »

La colonne sagesse de nos loges symbolise Dieu sous son aspect androgynal. Notre rituel explicite bien, lors de l’allumage de ce flambeau, cette double nature « je suis l’éternité, le monde, le devenir, j’ai pour essence le bien, le bon, le véridique…. » Dans cette phrase issue du livre XI L’intelligence décrit à Hermes la vérité ; le Dieu androgyne contient l’essence, le bien, le bon, le véridique et en même temps la substance donc le monde et le temps.

Pour se déployer le divin se divise en essence et substance.

L’essence

C’est un aspect du principe fixe, la trame du monde, ces attributs sont le bien et le bon. On peut la rapprocher du nombre 1. Pour l’Alchimie c’est le soufre.

Notre rite l’assimile à Osiris, à la colonne force masculine et active car sans être le principe androgynal, il en a la couleur comme le précise notre rite « Osiris couleur du principe éternellement pur » Chez les anciens, Osiris se définit comme le dieu Bon.

Le bien est en dieu seul et nul part ailleurs (CH Livre VI) « Hermès : Le Bien, Asclépios, n’est nul part ailleurs qu’en Dieu ; plutôt, Dieu est de toute éternité le Bien. ».

Voir le Kybalion

Le Principe de Polarité :  » Tout est Double ; toute chose possède des pôles ;Le Principe de Genre : « Il y a un genre en toutes choses ; tout a ses Principes Masculin et Féminin ; le Genre se manifeste sur tous les plans. »