« Connais-toi toi-même ! » et autres héritages antiques

Le processus de l’initiation effective débute par une prise de conscience de soi qui prolonge encore de nos jours la sentence de l’oracle delphique « connais-toi toi-même ! »

L’initié se reconnait également dans la phrase de saint Augustin : « ne t’égare pas au dehors, rentre en toi-même, c’est dans l’homme intérieur qu’habite la vérité ». Dans ces quelques mots Saint Augustin résume admirablement l’esprit de notre maçonnerie.

C’est par un retour sur soi que le maçon retrouve la présence du divin dans les profondeurs du moi humain. Cette sagesse est-elle livresque ? Peut-elle se transmettre par la parole ? A l’évidence, non. La philosophie, l’exercice de la raison est insuffisante même à un stade élémentaire. Au dessus de la raison, se situe la capacité de contemplation. Au final, la connaissance de soi des anciens, n’était pas simplement psychologique, elle visait l’âme (psyché) et peut-être même, la connaissance du principe suprême.

Ainsi notre maçonnerie est l’héritière du « connais-toi toi-même » mais aussi de bien d’autres formules du monde antique et notamment de métaphores éclairantes comme « la force de la vérité » ou « le monde comme un livre » ou encore de la formule biblique « je suis celui qui est » pour nommer Dieu.

Et comment ne pas deviner dans la maçonnerie de memphis-Misraïm les thèmes de méditation antique dont le fameux : « philosopher c’est apprendre à mourir » de Platon ?

Définir la philosophie comme l’exercice de la mort c’est certainement une approche initiatique. Cet apprentissage rend possible l’élévation intérieure, comme l’écrit Epictète : « Que la mort soit devant tes yeux chaque jour et n’auras aucune pensée basse ni aucun désir excessif . »

Lié à l’exercice de la mort se devine « l’ici et maintenant » des orientaux. Car vivre dans le présent, c’est acquérir une paix intérieure, une sagesse qui émane du point central, c’est renoncer à s’inquiéter pour le présent et l’avenir ;

Et de songer au Faust de Goethe : »Voici que mon espritn’a plus de regard ni vers l’avant ni vers l’arrière ; seul le présent est notre bonheur »