Alchimie et Tarots : les arcanes 15 à 22

Du dé-mon au mon-de …

XV LE ° DIABLE :

(le nombre 6 sous un aspect négatif) SOLVE COAGULA

Personnage androgyne ( sexe masculin, mais poitrine marquée), avec des attributs animal (griffes, cornes, ailes de chauve-souris), deux diablotins de sexes différents, nus donc dépouillés, à l’état le plus pur possible, sont liés (ou reliés) au même brûlot rouge, représentant le feu qui d’une certaine façon les unit et les réunit, ils sont cependant coiffés de rouge. Leurs pieds sont à demi noyés dans la terre noire à laquelle ils appartiennent, et (ou) de laquelle ils sont issus, pour y retourner un jour…..
Le brasier repose sur la terre noire de l’arcane sans nom, les personnages en font partie, le feu doit donc exister pour poursuivre l’œuvre. Les éléments constitutifs de la matière (nos 2 diablotins) sont coiffés de rouge, la pierre philosophale (du moins potentiellement), le diable, le maître de cette lame est coiffé d’or, résultat de la transmutation sous son aspect physique.
Le fait que cet or soit porté par le diable, indique que l’or ne doit pas être utilisé à des fins bassement matérielles, d’ailleurs l’épée en main gauche (symbole de pouvoir) est démunie de garde, la mise en garde, si l’on peut dire, est nous semble t-il, une fois encore très claire.
Pour rappel, l’injonction de cette 5ème phase était : CUISEZ.

La sixième arcane vous invite à : IMBIBEZ. « Ce vieillard Saturnien est un grand roi. Il vous montre comment le plomb minéral, décomposé puis recombiné, devient or transmutatif. » »

XVI LA ° MAISON ° DIEU :

(le nombre 7, la limite de la matière)

Une tour décapitée par un feu empanaché à caractère Divin. Il émane de la partie supérieure droite de la lame « Le père céleste »
Deux personnages en tombent, accompagnés dans leur chute par de gros confettis bleus, rouges et blancs, soit les trois états de la matière, souligné par 3 ouvertures sur la tour.
C’est ici l’échec de l’entreprise si le feu n’a pas su être adapté à l’opération en cours, ou si, tout simplement la sincérité du cherchant a été prise en défaut.
Les apprentis alchimistes sont renvoyés a la terre, en quelque sorte, à leur point de départ.
Dans la désignation de la lame Dieu est écrit avec un V, ce qui n’est pas sans nous interpeller et nous ramener à la lame 5, c’est à dire au Maître bien veillant qui a délivré son enseignement ou ses conseils qui manifestement ont été mal suivis, mal compris ou encore mal employés.
13 Pastilles rouges ( 13 la fin, 4 la matière)
13 Pastilles blanches (Idem)
11 Pastilles bleues 2 la dualité.
Soit au total 37 c’est à dire, 3 + 7 ( soit 10, le retour à l’unité).

XVII L’ETOILE :

(le nombre 8, soit 2 fois 4, la matière à une octave supérieure)

Le personnage est nu, preuve d’un dépouillement certain, correspondant à une démarche volontaire d’évolution par la connaissance, la gnose, un genou en terre, en signe d’humilité. 
Il est encore question d’affinage, de purification, mais cette fois un rapport direct est fait avec l’eau, les deux récipients sont identiques, de couleur rouge, c’est la même opération, nous approchons du but final, les astres sont avec nous, les énergies cosmiques sont présentes, à l’horizon, du côté gauche de la lame, un arbre sur lequel se tient un oiseau noir, allusion au corbeau ou beau corps qui deviendra pierre de projection, réalisant la transmutation, preuve indubitable de la réussite de l’entreprise.
7 étoiles dans le ciel encadrent une étoile double dont le fond est rouge et la face or, l’allusion à l’or qui naît de la pierre est, une fois de plus, clairement montrée, les 7 étoiles en sont les phases de travail, nécessaires et suffisantes à l’accomplissement de l’œuvre.

XVIII LA ° LUNE :

(le nombre se réduit à 9, elle est l’élément féminin, la mère, l’inspiratrice, elle correspond à l’argent)

La lame de la lune, celle qui influence l’homme, elle régit les fluides et les humeurs, elle peut avoir une vocation d’inspiratrice bénéfique ou maléfique suivant l’orientation mentale de celui qui la reçoit. Elle est liée à la mère et à l’eau.
Dans cette lame elle montre un visage bienveillant tourné vers le passé, son rayonnement est de 3 couleurs, bleu, rouge et blanc, cependant autour d’elle des gouttelettes de condensation, or, rouge et bleue, curieusement orientées vers elle, force d’attraction ? Allusion à la rosée printanière ?
Une pièce d’eau bleue renferme un crustacé énorme (monstre de la nuit, allusion au signe du cancer et par déduction aux mois de juin et juillet période favorable pour la réalisation de l’œuvre ?).
A l’arrière plan, deux tours, sous la lune deux chiens qui hurlent.
C’est aussi le dernier avertissement d’un danger : « le coup de lune », mais aussi également que le magistère, sans elle, ne peut être réalisé.
La 6ème injonction correspondait à : IMBIBEZ.

Le septième point vous enjoint à : MULTILIEZ

XVIIII LE ° SOLEIL :

(10 soit 1 un nouveau départ, symbole du père, de l’or – après l’argent, quoi de plus normal – )

Un soleil rayonnant inonde de ses énergies, matérialisées par des gouttes, deux jeunes enfants très semblables, pratiquement des siamois, reliés par le plexus solaire, curieusement ils sont tous les deux marqués par une double ligne autour du cou, comme s’il ne s’agissait pas réellement d’enfants, mais plutôt, le produit unique d’une naissance (réalisation de l’œuvre, thème souvent rencontré dans la littérature alchimique avec le couple royal). 
Le soleil paraît ici dispenser 4 types d’énergies (en connexion avec les 4 éléments), différenciées à travers la teinte des gouttes nourricières ou fécondantes. A travers son rayonnement, toutes les couleurs (5 ) émettent sous formes de flammes ou de glaives, à noter que seuls, ceux de couleur or ont une émission rectiligne, elles sont au nombre de 4 en infériorité numérique par rapport au rouge (origine de la réalisation alchimique).Mais supérieures dans les gouttes 3 contre 2.
Est-ce une allusion à la poudre de projection qui transmute le vil métal en or ?
Il est cependant à noter ici que dans les lames originelles, les radiations solaires étaient uniquement basées sur l’or et le rouge. Le rayonnement or rappelant d’ailleurs étrangement l’épée flamboyante du V.°.M.°.

XX LE ° JUGEMENT :

(le nombre 2, relié à la papesse, à la force, 2+2+2=6)

Une entité angélique sonne de la trompette, c’est l’heure du bilan de la réussite ou de l’échec, les influences sont encore présentes, le rayonnement est uniquement jaune et rouge, à parts égales 10 – 10.( rappel du binaire, de l’épais et du subtil)
En bas de la lame, 3 personnages dont deux nettement visibles, un homme et une femme dans une attitude de recueillement, qu’attendent-ils ? ( comme pourrait-être l’attitude de celui qui attend le résultat de ses travaux, échec ou réussite).
Le 3ème est de dos et non identifiable, il se trouve dans une cuve rappelant les moules à lingot.
La vérité est dévoilée, l’œuvre est réalisée, il subsiste cependant un sentiment d’attente, la méditation ou la prière appellent à rendre hommage au créateur….humilité toujours.

XXI LE ° MONDE :

(a ici une valeur de 3 la réalisation, la transmutation de l’impératrice s’est réalisée en passant par le 12 le pendu, l’attente)

C’est la seule lame ou le graphisme dans sa partie supérieure sort du cadre (avec la Papesse), les limites du normal ont été repoussées . L’ensemble est une synthèse de l’œuvre spagyrique, par les couleurs, les personnages, les nombres évoqués.
Les 4 évangélistes sont présents en résonance avec les 4 éléments, à travers les évangélistes ont retrouve différentes allusions aux lames que nous venons d’étudier.(3 avec auréoles 1 sans, le parallèle peut être fait avec nos 3 piliers présents et le 4ème manquant).
Je vous en laisse faire les rapprochements par vous-même.
La partie centrale, ovalisée, une couronne de laurier signifiant réussite victoire. Elle rappelle les trois principales couleurs qui nous ont accompagnées tout au long de cette étude, bleu, rouge, jaune, ces teintes sont répétées 2 fois, ce qui nous ramène aux phases de l’œuvre.
Une femme nue, mais discrètement voilée de couleur chair, se tient au centre de la 21ème lame, un pied repose sur une surface d’or, qu’elle a donc dépassée et maîtrisée pour se transmuter elle-même, véritable objet, en vérité, de cette difficile quête qui passait par la maîtrise de la matière. La nudité évoque la naissance, voire la renaissance, véritable transmutation.
Ce qui d’ailleurs n’est pas sans rappeler l’initiation.
La boucle est bouclée par l’objet qu’elle tient, verticalement, dans la mais gauche.
La verticale indique que le contact est, à présent, établi entre le monde matériel et celui du spirituel.
La teinte employée pour ce personnage central est identique pour les objets qui s’y rapportent, c’est l’unité avec le tout, en fait, elle ne fait plus qu’un avec l’univers.